A bord d'un vieux coucou retapé rasant le désert blanc du Groenland oriental, trois scientifiques de la Nasa larguent des sondes dans les eaux nacrées de l'Arctique pour mesurer l'impact des océans sur la fonte des glaces.
Joshua Willis dirige la mission OceansMeltingGreenland (OMG, Océans Fonte Groenland) qui effectue depuis 2015 des rotations en DC3 au-dessus du territoire autonome danois en proie au réchauffement climatique.
Cet océanographe est à la manœuvre. Des journalistes de l'AFP sont invités à l'accompagner dans le ciel polaire.
Il charge dans un puits de largage une sonde, cylindre d'un gros mètre de long et d'une dizaine de centimètres de diamètre, bourré de capteurs. Au signal radio du pilote, il précipite la sonde dans le vide.
L'ogive fuse vers la Terre, tournoie, s'abîme sur la surface bleutée, s'enfonce dans les eaux nimbées d'écume et de soleil boréal. Sur la ligne de côte, à perte de vue, les glaciers en péril, érodés par l'air et les flots, s'affaissent, se disloquent, libérant dans un fracas assourdissant des blocs de glace pareils à des îlets de sucre dérivants.
"Le niveau des océans pourrait probablement s'élever de plusieurs mètres au cours des cent prochaines années, c'est une immense menace pour des centaines de millions de personnes dans le monde", s'alarme Joshua Willis.